monkey business

Quand l'ego prend toute la place (et que ce sont les enfants qui paient la facture)

August 26, 20264 min read

Je vais être franche avec vous : j'ai vu bien des séparations dans ma pratique, pis y'a un pattern qui revient tellement souvent que ça m'enrage encore chaque fois.

Deux adultes qui étaient supposés être une équipe. Qui se sont dit "pour le meilleur et pour le pire". Pis là, la relation de couple finit, mais soudainement, y'a une game de pouvoir qui commence, pis les enfants sont assis en plein milieu du terrain.

L'ego, ce sport de contact

Se séparer, c'est un deuil. Pis dans un deuil, on est pas à notre meilleur. On a mal, on est en colère, on se sent trahi ou rejeté, pis notre système nerveux est en mode survie. C'est normal.

Ce qui est moins normal, c'est quand cette douleur-là se transforme en objectif : "je vais lui faire mal comme il/elle m'a fait mal". Pis souvent, le moyen le plus facile pour ça, c'est les enfants. Pas nécessairement de façon consciente, méchante. Mais concrètement.

  • On retarde une réponse juste pour montrer qui a le contrôle.

  • On refuse une sortie, un changement d'horaire, une activité, pas parce que ça nuit à l'enfant, mais parce que ça dérange NOTRE ego de dire oui à l'autre.

  • On parle de l'autre parent devant l'enfant, même juste un soupir, un regard, un "ton père" chargé d'émotion.

L'enfant, lui, il regarde pas le combat des adultes. Il essaie juste de comprendre pourquoi sa vie est en train de s'effondrer, pis pourquoi les deux personnes qu'il aime le plus au monde semblent pas capables de se regarder dans le blanc des yeux.

Quand le portefeuille embarque dans le combat

Pis là on ajoute une couche : les finances.

Dans bien des couples, l'argent était déjà une zone de tension avant la séparation. Un déséquilibre de pouvoir, un partenaire qui gérait tout, un autre qui devait "justifier" chaque dépense. Après la séparation, cette dynamique-là disparaît pas comme par magie, elle se déplace juste. Elle se transforme en négociations de pension alimentaire, en chicanes de garde partagée, en qui paie quoi pour l'école, les activités, les vêtements.

Pis parfois, ça va plus loin que des chicanes normales. Quand un parent doit littéralement demander la permission à l'autre pour dépenser sur son propre enfant, pour un manteau d'hiver, pour un cours de natation, pour une consultation chez le dentiste, pis que cette permission-là est retenue, retardée, ou conditionnelle à autre chose... ça, c'est plus juste un désaccord budgétaire. C'est un rapport de contrôle qui continue de vivre après la fin de la relation.

Le contrôle financier post-séparation, ça existe. Pis quand un ex-partenaire utilise l'argent, la pension, ou la permission comme levier, ça a un vrai impact, autant sur le parent qui subit ça que sur l'enfant qui en ressent les conséquences concrètes.

Ce que ça prend, c'est pas juste de la bonne volonté

Je le sais, dire "priorisez vos enfants" ça sonne beau, mais c'est pas juste une question de bonne volonté. Quand on est dans le feu de la douleur, la bonne volonté toute seule suffit pas. Ça prend des outils concrets :

  • Un cadre clair pour les communications (par écrit, factuel, pas de charge émotive), pour retirer l'ego de l'équation.

  • Une compréhension du fait que l'argent des enfants, c'est pas un moyen de négociation, même quand on a l'impression que l'autre "le mérite pas".

  • Un espace pour traiter SA propre colère, ailleurs, avec un professionnel ou un proche, pas via les enfants ou les finances.

  • Parfois, un tiers, médiateur, intervenant, avocat, pour sortir la dynamique de pouvoir du huis clos.

Le vrai changement

À la fin de la journée, la question qu'on devrait tous se poser c'est : "est-ce que cette décision-là sert mon enfant, ou est-ce que ça sert à me faire sentir moins impuissant.e face à cette séparation-là ?"

C'est pas facile. C'est même souvent contre-intuitif quand on a mal. Mais c'est ça, la différence entre une séparation qui blesse pendant un temps, pis une séparation qui laisse des cicatrices qui suivent l'enfant jusqu'à l'âge adulte.

Chez Forbes Method, on croit qu'on répare le toit avant qu'il pleuve, mais on sait aussi qu'une fois qu'il pleut, ça prend des outils pour limiter les dégâts. Si vous êtes en train de vivre ça, sachez que vous avez pas besoin de gérer ça toute seul.e.


Chloé Forbes, B.A. Psyc Forbes Method [email protected]

Chloé Forbes

Chloé Forbes

Chloé Forbes, intervenante psychosociale et créatrice de La Forbes Method. Spécialisée en amour propre, couple et parentalité. Elle dit les vraies affaires, même quand c'est inconfortable.

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