Chloé — la femme qui reste amie avec ses exes
Et qui a mis deux décennies à comprendre pourquoi.
Bonjour. Je m'appelle Chloé.
Si tu lis ces mots, c'est probablement parce que quelque chose en toi cherche. Peut-être l'amour. Peut-être toi-même. Peut-être les deux — et tu commences tout juste à réaliser que ces deux quêtes n'en font qu'une seule.
Je connais ce sentiment. Très bien.
La femme qui reste amie avec ses exes
Oui, c'est vrai. Mes ex, ils sont encore dans ma vie. On se parle. On se respecte. Pas parce que je suis encore en amour, ni parce que nous étions « parfaits ensemble » — mais parce que j'ai appris, à la dure, que chaque relation est une école. Et qu'on ne brûle pas une école quand on en sort diplômée.
J'ai commencé à dater mon premier vrai chum à 15 ans. Je me trouvais tellement mature et je pensais le marier. À 38 ans, après, du dating, des déménagements, deux fiancailles, un mariage, un divorce, et une reconstruction que je n'échangerais pour rien au monde, je peux enfin dire que je suis amoureuse — de la femme que je suis devenue, d'abord. Et ensuite, oui, de quelqu'un d'autre aussi, pour les bonnes raisons.
Mais entre les deux ? Il y a eu beaucoup de chemin.
D'où je viens — la partie qu'on ne dit pas souvent
Je ne suis pas thérapeute parce que j'ai eu une enfance parfaite. Je le suis exactement pour le contraire.
J'ai grandi entourée de modèles d'amour... compliqués. Des grands-parents divorcés. Des parents qui ont connu la trahison, la tromperie, les silences qui durent trop longtemps. Une mère qui a eu sa propre façon de survivre à la vie — et qui m'a appris, sans le vouloir, que l'amour pouvait faire très mal.
Il y a eu de l'abandon. Des déceptions que je n'avais pas les mots pour nommer, parce qu'on n'explique pas ces choses-là aux enfants. On leur demande juste d'être corrects, de sourire, de continuer.
Alors j'ai continué. Longtemps. En portant tout ça en moi sans savoir que je le portais.
Ce n'est pas une histoire de victime — ce n'est pas comme ça que je la raconte aujourd'hui. C'est l'histoire d'une petite fille qui a observé l'amour dans toute sa complexité et qui a grandi en croyant, quelque part, que c'était ce que l'amour était supposé être. Chaotique. Incertain. Conditionnel.
Il m'a fallu du courage pour aller consulter. Pour m'asseoir devant quelqu'un et dire : je ne veux plus répéter ces patterns. Je veux comprendre. Je veux guérir. Ce n'est pas une ligne droite, la guérison. C'est une série de prises de conscience, parfois douloureuses, souvent libératrices. C'est apprendre à se regarder avec les yeux d'une amie plutôt qu'avec ceux d'un juge.
C'est comme ça que j'ai rebâti une personne que j'aime profondément aujourd'hui : moi.
Et c'est cette reconstruction-là — imparfaite, honnête, et encore en cours — qui est au cœur de tout ce que je fais avec mes clients.
Ce que j'ai appris en me perdant
On reproduit ce qu'on a vu. Ce qu'on a connu. Ce qu'on croit mériter.
Ce n'est pas une faiblesse — c'est de la biologie, de la psychologie, de l'histoire familiale toute mélangée. Pendant longtemps, j'ai aimé de la façon dont on m'avait appris à aimer. Intensément, parfois maladroitement, souvent en oubliant de me demander ce que moi je ressentais vraiment.
Le divorce n'a pas été une défaite. C'a été le moment où j'ai choisi de me choisir. De tout remettre à plat — pas avec amertume, mais avec curiosité. Pourquoi j'aime comme ça ? Pourquoi je réagis comme ça ? Qui est-ce que je suis, en dehors d'une relation ?
Ces questions m'ont sauvée. Et elles sont devenues le cœur de mon travail.
Ce que je fais aujourd'hui
Je suis thérapeute et coach — pour les couples, oui, mais surtout pour les personnes qui veulent réapprendre à aimer et à être aimées.
Parce que c'est ça, selon moi, la vraie fondation : deux personnes qui se connaissent, qui s'assument, qui s'aiment elles-mêmes — et qui peuvent ensuite tomber en amour sans se perdre dedans.
Mon approche n'est pas magique. Elle est honnête. On parle de schémas répétitifs. De blessures d'attachement. Des histoires qu'on se raconte sur l'amour et sur ce qu'on mérite. Et tranquillement, on réécrit ces histoires — ensemble.
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Mais j'ai fait le chemin. Et je le refais encore, à chaque jour, pour moi aussi.
Pourquoi ce blogue s'appelle Malgré le secret
Parce que les secrets, on en a tous. Des choses qu'on n'a jamais dites à voix haute. Des vérités sur notre enfance, notre famille, nos relations — qu'on a enfouies profondément parce que c'était plus simple, ou parce qu'on avait honte, ou parce qu'on nous avait appris que certaines choses ne se disaient pas.
Malgré le secret, c'est dire : je sais que tu portes quelque chose. Je sais que tu viens de quelque part. Et malgré tout ça — malgré ce que tu as vécu, malgré ce qu'on t'a fait, malgré ce que tu n'as jamais pu dire — tu as le pouvoir de choisir qui tu deviens.
Le secret de ma famille était tellement bien gardé que je ne l’ai apprit qu’à mes 30 ans. Et ça a expliqué pas mal de choses sur mes patterns.
Parce que c'est ça, le fond de ma conviction : on ne peut pas être une victime à vie.
Ce n'est pas une phrase pour minimiser ce que tu as traversé. Ce que tu as vécu est réel. La douleur était réelle. L'abandon, les trahisons, les silences — tout ça a laissé des marques, et ces marques méritent d'être reconnues.
Mais il vient un moment où on doit se regarder dans les yeux et se demander : est-ce que je veux que mon histoire passée continue d'écrire mon avenir ?
Ce blogue, c'est une invitation à la responsabilisation. Pas à la culpabilité — il y a une grande différence. La culpabilité dit c'est ta faute. La responsabilisation dit tu as le droit de prendre ta vie en main, maintenant, à partir d'ici.
Moi, j'ai choisi de prendre la mienne. Malgré le secret.
Et toi, tu es la bienvenue ici — exactement comme tu es, avec tout ce que tu portes.
On est en bonne compagnie, toi et moi.
— Chloé 🌿
