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S'aimer soi-même : le fondement de tout le reste

March 18, 20265 min read

On nous a appris à être gentils avec les autres. À dire merci, à partager, à ne pas faire de mal. Mais personne — ou presque — ne nous a appris à être gentils avec nous-mêmes. À se regarder dans le miroir sans automatiquement chercher les défauts. À se pardonner une gaffe sans se faire la vie pendant trois semaines. À se dire, sincèrement : je suis correct de même.

Pourtant, tout part de là.


S'aimer, ce n'est pas être égoïste

Première chose à régler, parce que c'est souvent le premier blocage qu'on entend : « Ah, moi je suis pas du genre à prendre trop ma place. » Comme si s'aimer, c'était être narcissique ou se croire meilleur que tout le monde.

Non. S'aimer, c'est juste reconnaître sa propre valeur. Traiter ses besoins avec autant de sérieux qu'on traite ceux des autres. Se permettre d'exister pleinement, sans s'excuser d'être là.

Et ironiquement, les gens qui s'aiment vraiment sont souvent les plus généreux. Ce n'est pas eux qui ont besoin d'écraser les autres pour se sentir importants. Ceux qui dominent, qui contrôlent, qui ont constamment besoin de validation — regardez de plus près, et vous allez trouver quelqu'un qui ne s'aime pas beaucoup.

S'aimer, c'est un acte de paix intérieure. Et ça, ça rayonne.


Ce que ça change dans nos relations

Quand on ne s'aime pas, on aime mal. Pas parce qu'on est une mauvaise personne — mais parce qu'on n'a pas les bons outils.

On aime avec la peur de perdre. On s'oublie complètement pour plaire à l'autre. On accepte des miettes parce qu'on croit ne pas mériter mieux. On confond l'intensité avec l'amour. On cherche chez l'autre ce qu'on est incapable de se donner à soi-même.

Et on finit épuisé, déçu, ou les deux.

À l'inverse, quand on s'aime sainement, on aime avec une liberté différente. On choisit les gens dans sa vie au lieu de les subir par peur d'être seul. On dit non quand c'est non. On dit oui quand c'est vrai. On peut être là pour l'autre sans se vider complètement, parce qu'on a quelque chose à donner — pas juste un trou à combler.


Et nos enfants dans tout ça ?

C'est là que ça devient vraiment important. Et que beaucoup de monde ne voit pas venir.

Les enfants apprennent pas l'amour dans les livres. Ils l'apprennent en regardant. Ils absorbent tout, en silence : comment les adultes autour d'eux se parlent, se traitent, réagissent face au stress, à la critique, à l'échec. Ils enregistrent des milliers d'heures de modèles relationnels avant même d'avoir leur premier kick sur quelqu'un.

Un enfant qui voit son parent se dénigrer constamment apprend que c'est comme ça qu'on se parle à soi-même. Celui qui voit un parent se laisser traiter avec peu de respect apprend que c'est ce qu'on mérite dans une relation. Celui qui ne voit jamais un adulte prendre soin de lui-même apprend que ses propres besoins, ben... c'est pas vraiment important.

C'est pas de la faute des parents. La majorité font avec ce qu'ils ont reçu. Mais ça change pas la réalité.


Dans mon bureau, à 40 ans

Après des années à travailler avec des adultes en difficulté, j'ai vu un fil commun revenir encore et encore : quelqu'un qui arrive complètement perdu, qui sait plus qui il est, ce qu'il veut, pourquoi ses relations foutent le camp les unes après les autres. Et qui réalise, en grattant un peu, qu'il n'a jamais vraiment appris à s'aimer.

Pas parce que ses parents ne l'aimaient pas. Souvent, ils l'aimaient énormément. Mais ils ne montraient pas comment on s'aime soi-même. Comment on se respecte. Comment on se console. Comment on se donne le droit d'exister sans avoir à le mériter cent fois.

Alors cet adulte de 40 ans recommence à zéro. Il apprend des affaires que l'enfant aurait pu observer naturellement, si les adultes autour de lui en avaient été capables.

C'est jamais trop tard. Jamais. Mais c'est long. C'est douloureux. Et c'est tellement évitable.


Par où commencer

S'aimer, ça se décrète pas un mardi matin devant le miroir. C'est un travail quotidien, souvent lent, fait de petits gestes :

  • Remarquer comment on se parle dans sa tête — et décider d'y mettre un peu plus de douceur

  • Apprendre à reconnaître ses besoins avant d'être complètement à bout

  • Dire non sans sentir le besoin de rédiger une thèse pour se justifier

  • Prendre du temps pour soi sans se noyer dans la culpabilité

  • Chercher de l'aide quand on en a besoin — un ami, un thérapeute, peu importe

  • Avoir des limites. Et les tenir.

Et si vous avez des enfants dans votre vie : laissez-les vous voir faire tout ça. Laissez-les voir que vous vous respectez. Que vous avez des besoins. Que vous faites des erreurs et que vous vous les pardonnez. Que vous pouvez aimer les autres et vous aimer vous-même en même temps.

C'est ça, le vrai modèle. Pas la perfection — la cohérence.


Pour finir

On peut pas donner ce qu'on a pas. Pis on peut pas montrer aux enfants ce qu'on vit pas soi-même.

S'aimer, c'est le fondement. Pas une destination finale, pas une case à cocher — mais le sol sur lequel tout le reste peut pousser. Les relations saines, la résilience, la générosité vraie, la joie qui dépend pas de l'humeur de quelqu'un d'autre.

Commencez là. Pour vous. Et un peu — même beaucoup — pour eux.


Il est jamais trop tard pour apprendre à se traiter avec plus de douceur. Mais plus tôt on commence, plus léger devient le chemin.

Chloé Forbes, intervenante psychosociale et créatrice de La Forbes Method. Spécialisée en amour propre, couple et parentalité. Elle dit les vraies affaires, même quand c'est inconfortable.

Chloé Forbes

Chloé Forbes, intervenante psychosociale et créatrice de La Forbes Method. Spécialisée en amour propre, couple et parentalité. Elle dit les vraies affaires, même quand c'est inconfortable.

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